Chaque année, plusieurs milliers de personnes meurent en Méditerranée. Après un périple souvent marqué par des kidnappings, des emprisonnements, des traversées de déserts, des humiliations et des viols, de nombreux migrants et migrantes se trouvent à la merci de la mer. « J'ai vu des gens mourir ; je ne sais pas combien de fois j'ai flirté avec la mort », raconte l'un d'entre eux, rescapé et traumatisé.
Il suffirait de 7,4 millions d'euros pour affréter des navires de sauvetage et leur venir en aide. Nous ne comprenons pas, chers collègues, que par déni de réalité ou par calcul politique, vous préfériez vous barricader derrière un discours soi-disant pragmatique et rationnel : cela revient à fermer les yeux, et à surfer sur la vague de la peur. Songez que 7,4 millions d'euros, sur un budget de 390 milliards, représentent 0,0002 % des dépenses ! C'est une paille, et pourtant une telle aide serait salvatrice.
Il y a deux jours, des skippers partis de Saint-Malo pour la Route du Rhum nous interpellaient par cette phrase : « L'assistance à personne en danger n'est pas un crime, c'est un devoir. » Chers collègues, nous sommes tous et toutes, d'une manière ou d'une autre, des migrants, personnellement ou par nos ancêtres.