Si vous n'inscrivez pas 110 à 120 millions d'euros, ces communes, du fait des mécanismes que je vous ai expliqués, sont perdantes.
Mieux encore, monsieur le ministre – et je réponds en même temps à ce qu'a dit tout à l'heure le rapporteur : c'est très bien d'affecter de l'argent à la politique de la ville au titre du programme 147, mais cette politique est une coproduction – l'État apporte certes plus de financement, mais il demandera ensuite aux communes de cofinancer ses projets, et si elles n'ont pas les moyens de le faire, ces projets ne se réaliseront jamais. Ce n'est donc pas de l'argent que l'on donne aux communes en payant 100 % du projet : l'État met assurément plus d'argent pour les aider, mais, si les communes n'ont pas les moyens d'accompagner l'État, le dispositif ne peut pas fonctionner. Stratégiquement, vous commettez une erreur historique en ajoutant à l'argent destiné à la politique de la ville, mais en n'en mettant pas assez pour les communes.
Vous pouvez, bien sûr, ne pas être d'accord avec moi, monsieur le ministre, mais la majorité est prête à voter un amendement qui consacre 15 millions d'euros aux communes touristiques, alors que vous refusez d'en donner 20 millions aux communes de banlieue. Voilà ce que vous faites. Bravo !