Ces techniques sont des prouesses médicales et scientifiques qui nous laissent entrevoir des perspectives médicales et thérapeutiques majeures, magnifiques. Ce n'est pas la technique en elle-même qui nous inquiète, mais l'usage que nous pourrions en faire, notamment sur les gamètes et l'embryon humain. La différence est importante. On parle de thérapie embryonnaire, mais ces techniques ne guérissent pas un individu : elles créent un individu qu'elles prétendent ensuite guérir. L'intention initiale est bien de fabriquer un embryon que l'on viendrait ensuite guérir. Nous sommes loin de l'angle habituel du soin, qui est de soigner un patient qui en a besoin, y compris un petit patient in utero.
La question de la sécurité et de la sûreté de la procréation est un enjeu éthique majeur. Il est vraiment immoral de faire peser un risque sur la santé d'un enfant que l'on aurait délibérément fabriqué. Les techniques vont progresser, mais seront toujours immaîtrisables. Il faudra effectuer les modifications génétiques sur quelques cellules embryonnaires, puis il sera impossible de contrôler chacune des cellules de l'embryon pour voir si tout fonctionne correctement. Des mutations sont possibles, des mutations de réparation, ou des effets collatéraux. Les quelques cellules embryonnaires de départ seront impossibles à contrôler. Un séquençage, en effet, détruirait l'embryon. On n'échappera pas à une prise de risqu. S'ajoutent les inconnues dans le développement embryonnaire et dans la transmission aux générations suivantes.