Intervention de Gilles Lurton

Séance en hémicycle du mercredi 28 novembre 2018 à 15h00
Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 — Article 44

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaGilles Lurton :

Je regrette l'absence de la ministre des solidarités et de la santé, non que je n'aie plaisir à être en votre compagnie, madame la secrétaire d'État, mais parce que nous avions commencé une intéressante discussion en première lecture. Je lui avais fait part de mes convictions en matière de politique familiale et nous avions convenu du fossé qui séparait ses convictions des miennes, convictions que nous assumons tous les deux pleinement.

La ministre m'avait fait valoir qu'elle préférait consacrer de l'argent à la lutte contre la grande pauvreté plutôt qu'aux allocations familiales. Je lui avais répondu qu'il s'agissait de deux politiques complètement différentes, la première étant une politique sociale, la seconde une politique familiale. C'est là que nos points de vue divergent.

Mais le choix de ne pas revaloriser les allocations familiales, c'est-à-dire de faire perdre du pouvoir d'achat aux familles, n'affectera pas, contrairement à ce que la ministre et la majorité pensent, les familles plus riches. Depuis 2015, ces dernières n'ont plus le droit, ou si peu, aux allocations familiales : pour elles, ce choix sera indolore. En revanche, il va pénaliser les familles qui gagnent 1 200 ou 1 300 euros par mois, le double si les deux travaillent, qui ont deux enfants et qui n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Ces familles comptent sur les allocations familiales ! L'indexation sur l'inflation permettrait au moins de compenser l'arrivée d'un enfant dans un foyer, et d'éviter qu'un couple avec un enfant perde du pouvoir d'achat par rapport à un couple qui n'en a pas. Ce serait une juste répartition car demain, les enfants de ces familles cotiseront pour les retraites des personnes qui n'auront pas eu d'enfants.

Ces familles sont profondément choquées par votre décision, tout comme les retraités dont une partie des revenus sont déjà confisqués par la CSG. Il ne faudra pas vous étonner si demain de nombreux gilets jaunes continuent à protester dans la rue, car ce sont ces classes moyennes qui sont frappées par vos décisions et qui ne les comprennent plus.

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