Il nous faut réfléchir à ce qu'est le Conseil européen. Qu'était-il lors de sa création à l'initiative de Valéry Giscard d'Estaing ? Une instance des chefs d'État ou de gouvernement qui, pour l'essentiel, avait deux fonctions.
La première était de résoudre les problèmes difficiles : le Conseil européen de Fontainebleau a par exemple donné pour vingt ans une solution au problème du budget européen. La seconde était une fonction d'orientation. En effet, on se rappelle ou on ne se rappelle pas – mais, dans ce cas, on a tort – que le Conseil européen de Milan a décidé du marché intérieur, que celui de Maastricht a engagé l'Union européenne à la fois sur la voie d'une démocratisation profonde des institutions et sur celle de la monnaie unique, et que celui de Copenhague a permis l'élargissement de l'Union européenne aux pays libérés du joug soviétique. Nous pouvons nous féliciter de ces décisions !
D'autres réunions du Conseil européen n'ont pas eu un tel succès. Ainsi, le Conseil européen d'Helsinki a, sans raison, ouvert des négociations en vue de l'adhésion de la Turquie que voulait M. Jacques Chirac.