Intervention de Delphine O

Réunion du mardi 18 décembre 2018 à 17h30
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaDelphine O :

Je m'associe aux propos tenus par mon collègue Jacques Maire au sujet de la très surprenante absence de nos amis du groupe Les Républicains qui, après avoir applaudi à deux mains, voire quatre et bien davantage, l'annonce de cette audition, ne daignent pas être présents aujourd'hui.

Vous l'avez souligné, monsieur l'ambassadeur, il faut éviter de penser que ce pacte ne vise que les migrants arrivant en Europe. Ma question porte sur les accords de réadmission, non pas à partir des pays de destination, majoritairement européens, mais à partir des pays de transit. Vous avez rappelé que l'Union européenne a signé un accord avec Rabat pour aider le Maroc à lutter contre l'immigration illégale et les réseaux de passeurs. En échange de l'octroi de 200 millions d'euros, le gouvernement marocain s'est donc engagé à éloigner des migrants clandestins afin d'éviter que des personnes souvent venues d'Afrique subsaharienne ne traversent la Méditerranée. Puisque c'est à partir de Tanger que les migrants espèrent rejoindre les côtes espagnoles, il faudrait éviter que cette ville ne devienne le « Calais marocain » ; or, c'est à partir de Tanger que les autorités marocaines procèdent aux éloignements, si bien que des milliers de personnes sont amenées de force non pas hors les frontières mais au Maroc même, jusqu'à Tiznit, ville située à près de 900 kilomètres plus au sud. Techniquement, il ne s'agit donc pas vraiment de réadmissions. Or, l'objectif n° 21 du Pacte est de « coopérer en vue de faciliter le retour et la réadmission des migrants en toute sécurité et dignité (…) », donc d'élaborer de nouveaux accords, non seulement bilatéraux et multilatéraux, mais aussi régionaux. Je m'interroge donc : les pays de transit, tel le Maroc, se sont-ils véritablement impliqués dans la négociation de ce Pacte ? Le texte crée-t-il de nouveaux jalons pour que ces pays passent eux-mêmes des accords de réadmission avec les pays d'origine, principalement d'Afrique subsaharienne, pour procéder à des éloignements au sens où on l'entend en Europe, c'est-à-dire vers les pays d'origine ?

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