Avant d'évoquer la politique industrielle du pays, je souhaite que nous rendions hommage à ce salarié de l'entreprise Arjowiggins qui a mis fin à ses jours la semaine dernière, ainsi qu'à toutes les personnes mortes au travail ou à cause de leur travail : leur nombre est immense, plus de 1 600 chaque année, et elles demeurent le plus souvent anonymes.
En effet, pour parler de politique industrielle, il faut commencer par penser aux femmes et aux hommes qui ont façonné et qui font vivre l'industrie. En dépit de leurs protestations d'amitié condescendantes, beaucoup de nos dirigeants professent un profond mépris à l'endroit de la classe ouvrière. Emmanuel Macron en a souvent donné le plus éclatant et le plus triste exemple. Qu'on se souvienne de ses mots insultants au sujet des ouvrières de Gad !
Il faut regarder cette réalité déplaisante pour comprendre d'où vient la crise industrielle que nous traversons. L'aveuglement idéologique des libéraux les a fait abandonner l'industrie depuis des années. Cet aveuglement trouve sa source dans leur mépris pour celles et ceux qui produisent les richesses. Désormais, il n'y a plus que des chiffres, des graphiques, des cours de bourse. Les producteurs et ce qu'ils produisent, qui s'en soucie ? Ce qui préoccupe les gouvernements, ce sont les actionnaires et les investisseurs : voilà les rapaces qu'il faut contenter !
Pour satisfaire cette rapacité, les libéraux ont inventé un chantage diabolique. Ils ont ouvert les frontières tout grand et décrété que le capital investi devait rapporter toujours plus, sinon il trouverait à s'investir ailleurs.
L'Union européenne a été décisive dans l'instauration de ce chantage. Elle a gravé dans le marbre une doctrine d'escrocs : la concurrence libre et non faussée.