Nous avions réussi, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, ce subtil équilibre entre soutien au Gouvernement, par la majorité de l'époque, et autonomie parlementaire, par l'organisation de ce que nous avions appelé la « coproduction législative ». Sans vouloir vous offenser, mes chers collègues, il me semble que cet équilibre est encore à trouver pour l'actuelle majorité.
Pour terminer, je veux évoquer brièvement les droits de l'opposition : ils figurent dans notre règlement actuel, et demeurent dans le projet qui nous est soumis, mais ils sont mis à mal par la pratique.
En effet, il ne sert à rien de donner à l'opposition des droits spécifiques, si des groupes peuvent se déclarer d'opposition, au sein de notre assemblée, tout en étant en réalité des groupes de la majorité déguisés. On peut notamment se demander si un groupe dont le président est entré au Gouvernement, et qui représente une formation politique dont des membres se sont présentés sur la liste de la majorité aux élections européennes peut encore se revendiquer de l'opposition.
Cette situation pourrait se révéler scandaleuse, si cette revendication du statut d'opposant n'était en réalité qu'un prétexte, pour les membres du groupe, pour diminuer artificiellement le temps de parole des oppositions réelles dans notre hémicycle.