Je tiens d'abord à saluer le travail de Mme la députée Corinne Vignon.
Quelles que soient nos appartenances politiques, les retraites sont un des sujets qui préoccupe et qui touche beaucoup de nos concitoyens. Cette question mérite l'implication, la sincérité, l'honnêteté de tous, à commencer par les décideurs eux-mêmes, en particulier sur l'âge de départ à la retraite. En effet, aux yeux des Français, le message du Gouvernement est brouillé. Le Gouvernement nous dit qu'il ne touchera pas à l'âge de départ de 62 ans ; or le Conseil d'orientation des retraites nous informe que dans le régime actuel, les Français partiront dans les faits à la retraite vers 64 ans à partir de 2035-2040.
Il est proposé d'instaurer un âge pivot porté à 64 ans, en deçà duquel les Français subiraient une pénalité financière en cas de départ à la retraite. Comment ne pas y voir une manière détournée de reculer l'âge légal de la retraite ? Plus inquiétant, l'enchaînement des réformes – quatre en quinze ans – a miné la confiance des Français dans leur système de retraite. Résultat : un actif sur deux considère que les régimes de retraite sont menacés de faillite.
Autre sujet délicat : la prise en compte de la variable démographique. Dans certains pays, l'augmentation de l'espérance de vie est prise en compte automatiquement dans le calcul des droits. Le Haut-Commissaire prévoit-il de faire de même ?
Concernant la simplification, le système actuel est trop complexe aux yeux des Français entre l'âge légal de 62 ans, l'âge de départ au taux plein et l'âge d'annulation de la décote. Au regard de vos travaux, comment faut-il ou non simplifier les règles ? D'aucuns proposent un âge de référence propre à chaque assuré à partir duquel on estimerait le niveau de pension suffisant pour partir. Qu'en pensez-vous ?