Si vous voulez. La politique de biodiversité a toujours été le parent pauvre de toutes les politiques publiques, et cela depuis des années – ce n'est pas nouveau – , parce qu'on n'avait pas pris conscience de l'importance du sujet. Cependant, le rapport publié en mai 2019 par l'IPBES, la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, a suscité une prise de conscience de la part de tout le monde, y compris du Président de la République, qui a considéré qu'il s'agissait d'un vrai problème et qu'il fallait changer de braquet. Cependant, le changement de braquet, c'est au moment du budget qu'on le voit, au moment où l'on se demande quelles sont les personnes qui, sur place, pourront mettre en oeuvre les politiques publiques. Or, dans les parcs nationaux, on n'a plus aujourd'hui les moyens de mettre en place une politique digne de ce nom pour la préservation de la biodiversité. De fait, cette dernière ne consiste pas seulement à lutter contre le braconnage : il s'agit d'informer le public, de rencontrer les acteurs et de travailler finement sur les territoires. On ne peut pas le faire dans un bureau ou à Paris : cela doit se faire sur le terrain.
Nous parlons ce soir de l'argent nécessaire pour mettre en place des ETP et, dans quinze jours, nous verrons les ETP proprement dits : voilà les curiosités budgétaires ! Il est affolant que nous devions nous battre pour huit ETP, mais nous allons le faire, car huit ETP, ce sont huit personnes de plus sur le terrain…