La singularité de la situation de Mayotte, au regard de l'immigration, n'est plus à démontrer. J'en veux pour preuve les propos tenus à l'instant par M. le secrétaire d'État. Vous vous vantez – et je ne demande qu'à faire de même, car je souhaite que le Gouvernement réussisse à Mayotte, comme sur l'ensemble du territoire national – quand vous évoquez l'opération Shikandra. Moi, je vous parlerai de l'opération Shikandra. 0, parce qu'il faut aller plus loin si nous voulons vraiment réussir la lutte contre l'immigration clandestine à Mayotte.
Cela veut dire qu'il faut dès à présent, au nom du principe de différenciation cher au Président de la République – vous voyez que je viens sur votre terrain pour vous aider – , demander aux primo-demandeurs de titre de séjour de déposer leur dossier à Moroni, puis prépositionner nos forces sur l'îlot de Mtsamboro, qui permet d'entrer à Mayotte par le nord, et enfin mettre des drones à la disposition de celles-ci.
Ces mesures ne figurent pas dans le plan civilo-militaire que vous avez mis en place et dont les limites ont été rapidement atteintes. Il faut en effet beaucoup de temps – au moins quarante minutes – pour atteindre le nord de Mayotte depuis Dzaoudzi, ce qui laisse aux arrivants tout le temps de débarquer. Si vous voulez être efficaces, nous vous proposons d'aller plus loin, en prenant en compte nos suggestions, conformes aux orientations définies par le Président de la République. À situation singulière, il faut des mesures singulières.