Intervention de Jean-Luc Mélenchon

Séance en hémicycle du mardi 7 janvier 2020 à 15h00
Financement de l'économie dans le cadre de la transposition de l'accord du comité de bâle de 2017 — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Luc Mélenchon :

… de débats très techniques et très lointains, de sorte qu'ils veulent bien vous faire confiance les yeux fermés. Tel n'est pas mon cas, ni celui des Insoumis.

De quoi parlons-nous ? On exige des banques qu'elles disposent d'une assurance en fonds propres, représentant 9 % de leurs actifs. Cela signifie que 91 % de leurs actifs circulent sans qu'aucune contrepartie n'existe dans leurs caisses.

Je veux bien que l'on me dise que les banquiers européens ne procèdent pas comme leurs homologues américains, dès lors qu'ils évaluent leurs fonds propres par rapport à leurs placements à risques, mais il est très risqué de faire confiance à ceux-là mêmes qui prennent des risques pour les évaluer ! Il me semble que cela n'est pas raisonnable, d'autant plus que les banques européennes, à l'heure actuelle, ne sont pas à 9 % mais plutôt entre 3 % et 5 %.

Bien entendu, on comprend les financiers européens, qui se disent : « Les Américains évaluent les risques à la louche, ce qui les place dans une situation meilleure que la nôtre, car nous procédons de façon bien plus précise. »

La vérité est la suivante : si 9 % des fonds des banques sont immobilisés, c'est autant qui ne circule ni dans la sphère financière ni dans celle de l'économie réelle, et qu'il faut bien placer quelque part. Où ? En pension auprès des banques centrales, nécessairement. Or les taux d'intérêt sont négatifs. Par conséquent, ces fonds sont condamnés à fondre chaque année, pour des raisons sur lesquelles nous n'avons aucune prise et auxquelles nous ne pouvons rien.

Monsieur de Courson, vous vous êtes plaint il y a un instant des taux négatifs, arguant qu'ils ruinent l'économie. Au contraire : si le banquier central n'avait pas distribué chaque mois 85 milliards d'euros pour racheter les titres pourris des banques privées, nous serions dans la crise financière ! Voilà la vérité !

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