Je voudrais prolonger les propos de notre collègue Laurence Dumont. Même si je ne mets aucunement en cause la bonne foi de la majorité, nous sommes aujourd'hui confrontés à l'incapacité d'expliquer votre projet – je m'y suis récemment essayé lors de réunions publiques.
Dans le système actuel, lorsqu'un de nos concitoyens nous interroge pour connaître la pension qu'il touchera lorsqu'il prendra sa retraite, on peut effectuer un calcul rapide, à partir de la moyenne des vingt-cinq meilleures années actualisée de l'inflation pour un salarié du privé ou des six derniers mois pour un fonctionnaire : on peut fournir ces explications en réunion publique tout en restant compréhensible.
En revanche, lorsqu'il s'agit d'expliquer le système par points – dont je reconnais volontiers qu'il s'applique déjà pour l'AGIRC-ARRCO et les professions indépendantes – , on s'embarque dans des explications qui perdent notre auditoire. Il faut d'abord expliquer que les futurs retraités gagneront un point pour dix euros de cotisation. La valeur du point, ensuite, n'est pas définie dans la loi, mais le rapport Delevoye mentionne un taux de rendement de 5,5 %, ce qui signifie que 10 euros cotisés donneraient droit à 55 centimes d'euros chaque année, quelle que soit la durée de retraite.
Les choses se compliquent dès lors qu'on aborde la valeur de service et ses modalités d'actualisation au fil du temps : on est alors dans l'incapacité totale de se faire comprendre. Or une réforme que l'on ne parvient pas à expliquer crée de l'anxiété.