Malgré ce qui a été affirmé par M. le rapporteur et par le Gouvernement, je voudrais exprimer la préoccupation de notre groupe quant au sort qui sera fait aux militaires. De vives inquiétudes se sont manifestées, y compris lors des auditions menées par la commission de la défense. Le Conseil supérieur de la fonction militaire lui-même n'a pas voulu donner son aval à la réforme. Il a désapprouvé ce qu'il considère comme des dispositions restrictives, voire un recul significatif dans plusieurs domaines, et la persistance d'incertitudes concernant le devenir des pensions militaires, qu'il s'agisse de l'ouverture des droits, de la réversion, des modalités de calcul, des cotisations employeur, des pensions minimales garanties, de l'emploi des réservistes ou encore de la disparition de la pension à jouissance différée. Cette longue liste n'a pas été dressée par moi, mais par le Conseil supérieur de la fonction militaire. Cela illustre l'incapacité du système que vous proposez à faire face à certaines réalités dans tous les secteurs de la société, notamment s'agissant des militaires, dont on connaît la fonction singulière au sein de la République et l'engagement particulier. C'est encore une démonstration que ce texte ne convient pas : non seulement il n'est pas prêt, mais il n'est pas bon. Nous voterons donc ces amendements.