Intervention de Patricia Lemoine

Séance en hémicycle du jeudi 23 avril 2020 à 17h00
Projet de loi de finances rectificative pour 2020 — Discussion générale

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPatricia Lemoine :

Le plan d'urgence que nous allons voter est cependant à la hauteur des enjeux.

D'autres chantiers restent toutefois à mener et méritent des réponses rapides. Nous réitérons tout d'abord notre demande d'annulation des charges fiscales et sociales pour les entreprises les plus touchées. Le report est une bonne mesure, mais l'exonération sera aussi une nécessité car elle permettra de redonner confiance et visibilité aux entreprises concernées.

La crise aura également un impact très négatif sur les collectivités territoriales, dont nous avons, à mon sens, peu parlé, même si elle ne sera pas ressentie de la même façon partout. Les collectivités territoriales se trouvent en première ligne dans la gestion de la crise sanitaire, faisant preuve d'une créativité et d'un esprit d'initiative exceptionnels. Ce sont elles aussi qui permettront d'identifier les potentiels de relance et de reprise de l'activité dans les territoires. Il faudra donc leur donner de la souplesse. À l'image de l'ordonnance, parue ce matin, qui permet de moduler dès 2020 le taux de la taxe locale sur la publicité extérieure, elles doivent pouvoir, ce qui avait d'ailleurs fait l'objet d'un amendement de notre groupe lors de la première lecture du PLFR vendredi dernier, exonérer partiellement ou totalement les entreprises de fiscalité locale.

Enfin, la solidarité entre les entreprises doit aussi être totale. Ce sont bien elles et leurs salariés qui ont su s'adapter, ici pour fabriquer des masques, là pour assurer la continuité de services d'intérêt général, preuve que notre administration a aussi besoin de l'initiative privée. Nous pensons que certains secteurs qui ne souffrent pas de la crise doivent pouvoir utiliser leurs marges pour soutenir les plus fragiles. Il est possible d'aller plus loin dans l'implication des assureurs qui, hélas, ne prennent pas leur part dans les pertes d'exploitation des entreprises, même s'ils contribuent pas ailleurs au fonds de soutien. De même, je suis particulièrement attachée à la création d'un fonds, que les grandes surfaces devraient pourvoir abonder, en faveur des petits commerces non alimentaires qui, eux, ont dû fermer leurs portes, au péril de leur activité.

Ce PLFR enrichi offre de nombreux outils visant à atténuer autant que possible la crise économique mais aussi la crise sociale qui touchent de plein fouet les plus modestes et les familles. Le groupe UDI, Agir et indépendants le votera à l'unanimité. Nous savons qu'un nouveau budget rectificatif sera sans doute soumis au Parlement au cours des prochaines semaines. Formons le voeu que celui d'aujourd'hui dessine déjà les contours d'un plan de relance et d'investissement et qu'il trouve aussi une traduction forte au niveau européen.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Cette législature étant désormais achevée, les commentaires sont désactivés.
Vous pouvez commenter les travaux des nouveaux députés sur le NosDéputés.fr de la législature en cours.