Je vais faire un peu de mathématiques – veuillez m'en excuser. Sur certaines catégories de produits, le SRP présente un défaut majeur. Ainsi, pour une bouteille de spiritueux, 84 % du prix correspond aux taxes et 16 % est normalement réparti entre le producteur et la grande distribution. Cette dernière ne prend aucune marge sur les spiritueux : le SRP va donc impliquer mécaniquement une augmentation de 8,4 % du prix de la bouteille. Or cet argent ne va pas ruisseler sur le producteur ou sur l'agriculteur, mais va entrer directement dans le bas de bilan de la grande distribution.
Le rapport sur le SRP qui émane des services du ministère de l'économie, des finances et de la relance et du ministère de l'agriculture et de l'alimentation souligne que le relèvement du SRP a eu très peu d'effets sur les ventes. Il ajoute que les experts n'ont pas pu analyser l'effet de ces mesures sur les revenus des agriculteurs. Si on résume, il n'y a pas eu de ventes supplémentaires, ni d'inflation dans les rayons – et on peut s'en féliciter – , mais on observe une déflation des achats depuis cinq ans. Finalement, le SRP de certaines catégories de produits est allé directement dans la baisse des prix des marques de distributeur – MDD – , c'est-à-dire qu'il finance directement la grande distribution.