Monsieur Lecoq, écoutez donc mon calcul, ne serait-ce que pour le contester ensuite ! Si nous n'étions pas dans l'Union, nous n'aurions certes pas à verser plus de 26 milliards d'euros. Mais nous ne ferions pas partie de la zone euro, laquelle, quoiqu'en disent les pourfendeurs de l'Europe, est notre seule et unique garantie lorsqu'il s'agit de financer notre dette à faible coût.
Le taux d'intérêt des emprunts de l'État à dix ans s'élève à -0,3 % ; en d'autres termes, la France gagne de l'argent en s'endettant, ce qui est quelque peu contraire aux lois de l'économie. Étant donné l'insuffisance de nos finances publiques, même avant la crise sanitaire, si nous n'avions pas la garantie de la Banque centrale européenne pour refinancer notre dette, nos créanciers appliqueraient à coup sûr un taux voisin de 1 %, au bas mot. Afin de nous en convaincre, il suffit de regarder ce qui se passe pour les pays qui ne font pas partie de la zone euro. Concrètement, cela veut dire qu'au lieu de 42 milliards d'euros d'intérêts annuels, nous en paierions entre 60 milliards et 70 milliards, soit 20 milliards à 30 milliards d'euros de plus qu'il nous faudrait débourser pour financer notre dette publique.
Quiconque est de bonne foi se rend bien compte qu'avec l'Europe, nous sommes budgétairement gagnants. C'est elle et elle seule qui nous assure des conditions de financement à bon marché.