Concrètement, et en tout état cause, le Brexit pèse à un niveau élevé sur l'augmentation de notre PSR et sur nos comptes. Franchement, on s'en serait bien passé !
Sur le plan idéologique, nous constatons la contestation des valeurs de liberté, de protection des personnes et de respect de l'État le droit, ainsi que des garanties de la démocratie représentative, par un certain nombre d'États membres. C'est grave, car la reconnaissance de ces valeurs constitue le socle de notre union. Le Parlement européen semble s'être mis en tête de subordonner son accord au CFP, et indirectement au plan de relance, à l'obtention de concessions substantielles de la part des pays concernés. On ne peut que le mettre en garde : dans une Union où tant de choses se décident encore à l'unanimité, l'avantage tactique appartient toujours à celui qui bloque par rapport à celui qui veut avancer. Nos collègues du Parlement européen doivent éviter de voir le bébé du plan de relance emporté avec l'eau du bain de la conditionnalité. En politique, le diable ne se niche pas seulement dans les détails, mais aussi dans les bonnes intentions.
Ce qui rend les exercices budgétaires en cours – budget annuel, CFP, plan de relance européen – difficiles et même frustrants, c'est cependant le contexte d'un système de décision devenu, au fil des temps, aussi aberrant fonctionnellement que démocratiquement. Je ne suis pas de ceux qui pensent que le système de décision de l'Union européenne se caractérise par un vrai déficit démocratique ; je ne le pense pas, sauf…