Ce que vient de nous confirmer François Ruffin, je l'ai un peu ressenti – comme vous, sans doute, cher monsieur le président – en suivant nos policiers lors du difficile épisode des gilets jaunes, puis lors des grèves et des manifestations de la CGT. Lorsque vous passez vos journées à écouter, à déminer, à essayer de comprendre ce qui se passe, on vous dit beaucoup de choses, comme on les a dites à M. Ruffin, puisqu'il nous les rapporte.
À ce moment, beaucoup de policiers avaient déjà le vague à l'âme, même s'ils n'en étaient pas encore au point de se sentir ni reconnus ni aimés, ce qui est désormais le cas. Quoi qu'il en soit, tous se plaignaient de l'absence de moyens de formation, notamment pour s'adapter à de nouvelles formes de confrontations. C'était un véritable quotidien qui s'installait. Ils avaient l'habitude d'encadrer des manifestations de temps à autre ; ils ne se sentaient pas préparés à le faire sur des périodes aussi longues. Je ne parle pas seulement du simple gardien de la paix, mais aussi des commissaires, de tous les policiers avec qui j'ai pu m'entretenir. Comme nous ne sommes pas tout à fait certains de ce qui pourrait advenir, d'être à l'abri durant les mois qui viennent, nous devrions en profiter pour leur donner à la fois des moyens de formation et des moyens matériels, notamment en informatique, puisque ce point a été évoqué.