Je partage entièrement les arguments développés par Mme la rapporteure spéciale, sur lesquels je ne reviendrai pas.
Quant à ce que je vous ai dit tout à l'heure, madame Tolmont, il est vrai que j'étais un peu stupéfait. Vous avez affirmé que le budget de l'enseignement scolaire était de 68 milliards sous le précédent quinquennat et qu'il est aujourd'hui de 54 milliards : si c'était vrai, ce serait catastrophique ! Personne ne peut l'imaginer. Il faut tout de même un minimum de rapport aux faits. Vous ne pouvez pas comparer un chiffre qui inclut les contributions au compte d'affectation spéciale – CAS – « Pensions » avec un chiffre qui ne les inclut pas. Il est important, pour le débat démocratique, d'éviter ce genre de raisonnements.
Vous venez toutefois de soulever une question très intéressante. J'ai dit tout à l'heure, à la tribune, qu'entre la rentrée 2017 et la rentrée 2021, c'est-à-dire depuis que nous sommes aux responsabilités, le budget de l'enseignement scolaire aura connu une augmentation de plus de 6 milliards d'euros, à comparer aux 2 milliards d'augmentation entre la rentrée 2012 et la rentrée 2016 – trois fois moins.
Si nous réussissons à stabiliser le nombre actuel de postes – 1,1 million, ce qui est suffisant – tout en augmentant de manière importante le budget de l'éducation nationale, nul doute que le pouvoir d'achat des professeurs en sera notablement amélioré. En revanche, créer de nouveaux postes sans augmenter, ou peu, le budget de l'éducation nationale entraînerait une stagnation, voire une régression. Je m'étonne donc que vous vous plaigniez du faible pouvoir d'achat des enseignants : si nous accusons en la matière un retard important par rapport aux autres pays, c'est bien l'héritage des précédents quinquennats ! Soyons logiques.