Intervention de Pacôme Rupin

Séance en hémicycle du jeudi 5 novembre 2020 à 9h00
Projet de loi de finances pour 2021 — Immigration asile et intégration

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaPacôme Rupin :

Nous examinons ce projet de loi de finances pour 2021 dans un contexte très difficile : celui de crises multiples et dramatiques, notamment sanitaire et économique, et celui d'un niveau de menaces terroristes très élevé comme nous l'ont tragiquement rappelé les derniers attentats. Cela ne doit toutefois pas nous détourner de l'objectif du vote de ce projet de loi de finances : la continuité de l'État et la poursuite de ses missions partout sur le territoire, missions encore plus indispensables dans un tel contexte. L'État doit en effet disposer des moyens de les poursuivre de manière sereine et déterminée, et les crédits proposés pour la mission budgétaire « Immigration, asile et intégration » contribuent à répondre de manière appropriée et responsable à cet objectif.

Ces dernières années, le Gouvernement a agi dans la recherche d'un juste équilibre entre, d'une part, les valeurs qui font l'honneur de notre pays, celles de la protection et de l'accueil avec dignité et humanité des personnes en danger dans leur pays d'origine, et, d'autre part, un principe de fermeté dont l'application doit permettre de lutter efficacement contre l'immigration irrégulière et de reconduire dans leur pays les personnes qui n'ont pas leur place sur notre territoire. C'est le fameux « en même temps » que notre groupe LaREM prône sur ce sujet depuis la loi Asile et immigration. En ces temps troublés, propices à la montée de sentiments de colère ou de méfiance vis-à-vis de l'autre, il est d'autant plus nécessaire de conduire une politique équilibrée sur ces questions ; il faut à la fois rassurer nos concitoyens et agir fermement et efficacement tout en restant fermes sur nos principes humanistes.

Ainsi, je relève tout d'abord l'effort budgétaire proposé à la nation pour mieux accueillir les demandeurs d'asile : je tiens en particulier à insister sur la hausse significative du budget alloué à l'aide aux demandeurs d'asile et sur les mesures prises pour réduire les délais de traitement de leurs dossiers – un défi depuis plus de cinq ans. Cela passera notamment par une hausse des moyens de l'OFPRA et par la pérennisation en 2021 de la hausse de son plafond d'emplois – plus 200 équivalents temps plein – accordée pour 2020. Par ailleurs, mieux accueillir les demandeurs d'asile sera également possible grâce à la création de 3 000 places supplémentaires dans les centres d'accueil de demandeurs d'asile – les CADA – et de 1 500 places supplémentaires dans les centres d'accueil et d'examen des situations – les CAES. Je rappelle en outre que l'État a investi massivement, depuis 2017, dans l'hébergement, notamment dans l'hébergement d'urgence, permettant ainsi de proposer un toit à de nombreuses personnes étrangères, quelle que soit leur situation administrative. Ce budget accentue encore cette tendance puisque l'hébergement d'urgence va bénéficier de 126 millions d'euros de crédits supplémentaires.

Enfin, parallèlement à cette tradition d'accueil, ce budget permet, de manière juste, de poursuivre la lutte nécessaire contre l'immigration irrégulière, lutte qui est le corollaire indispensable à un bon accueil sur notre territoire des personnes qui en ont réellement besoin. La forte hausse des crédits alloués à la lutte contre l'immigration irrégulière, soit près de 16 % en autorisations d'engagement par rapport au budget pour 2020, témoigne d'une volonté encore renforcée d'accentuer l'action de l'État en la matière. De même, les investissements importants prévus pour la création, la rénovation ou l'extension de centres de rétention administrative, et l'incitation faite aux préfets d'en autoriser de nouveaux, illustrent la volonté d'intensifier notre lutte contre l'immigration irrégulière.

Pour l'ensemble de ces raisons, pour le juste équilibre qu'illustre de manière cohérente ce budget entre nos valeurs d'accueil et la lutte contre l'immigration irrégulière, le groupe La République en marche votera donc les crédits de cette mission.

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