Intervention de Emmanuelle Ménard

Séance en hémicycle du jeudi 5 novembre 2020 à 15h00
Projet de loi de finances pour 2021 — Mission immigration asile et intégration (état b)

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaEmmanuelle Ménard :

Or vous savez très bien que l'exercice budgétaire nous impose d'agir ainsi. Nous ne pouvons augmenter les crédits d'un programme qu'en diminuant ceux d'un autre programme de la même mission. Je préférerais pouvoir faire autrement et ne pas opposer les choses, mais ce n'est pas possible. Ne soyez donc pas autant de mauvaise foi !

S'agissant de l'amendement no 248 , vous m'avez déjà répondu, madame la rapporteure spéciale, mais je souhaite tout de même présenter mes arguments. La France n'a malheureusement plus les moyens financiers, ni matériels, d'accueillir toujours plus de demandeurs d'asile. Il y a moins d'un an, le Président de la République lui-même expliquait que « la France ne peut pas accueillir tout le monde si elle veut accueillir bien ».

Il n'y a donc pas les gentils d'un côté et les méchants de l'autre. Nous sommes tous d'accord pour dire que le droit d'asile est l'une des richesses de notre civilisation, mais qu'il a été largement dévoyé. Il convient de revenir à un accueil raisonnable et conforme à notre capacité d'accueil réelle ; y renoncer, c'est faire croire aux personnes que nous accueillons que nous pouvons les secourir dignement, alors que ce n'est pas le cas.

À cet égard, je vous renvoie à la tribune publiée hier par des exilés du campement de Saint-Denis – M. Peu en parlait tout à l'heure. Que disent les auteurs de cette tribune intitulée « Nous qui dormons sous vos ponts ? » « Nous sommes plus de 1 500 à vivre sous les ponts à Saint-Denis dans des conditions innommables. »

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