Intervention de Alexis Corbière

Séance en hémicycle du jeudi 19 novembre 2020 à 9h00
Sécurité globale — Article 4

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAlexis Corbière :

Alors que nous évoquions avant-hier les raisons pour lesquelles, jusqu'à ce jour, Paris n'a pas eu de police municipale, je vous avais cité les propos tenus par Jacques Chirac il y a une vingtaine d'années : cette situation n'est pas due à la méfiance de la République envers Paris, mais à un point de vue politique, à la crainte d'une rivalité entre la police nationale et ce qui serait forcément une super-police municipale, ne le cachons pas.

Par ailleurs, nous continuons à soutenir qu'il faut d'abord mettre un terme à la dynamique qui découle de l'absence de moyens de la police municipale. Les villes font ce qu'elles peuvent pour la compenser, ce qui renforce les inégalités dans l'ensemble du territoire. J'insiste sur ce point : la complémentarité des missions entre police municipale et police nationale ne sera pas la même d'une ville à l'autre. Nul ici ne peut accepter que le rapport du citoyen aux polices varie ainsi.

Je souscris aux propos de Stéphane Peu : il faudrait, sinon un rééquilibrage, du moins une stabilisation des effectifs de police. Nous, élus de Seine-Saint-Denis, sommes heurtés d'en perdre régulièrement : je vous le disais il y a deux jours, trente postes ont été supprimés en dix ans au commissariat des Lilas. Je le répète encore une fois, la comparaison des effectifs entre Paris et la Seine-Saint-Denis est choquante ; or, en la matière, nous ne voyons pas de changement se dessiner. Nous voulons des policiers nationaux, et non un substitut de réponse. À Paris, les choses sont spectaculaires parce que la ville a les moyens d'une police municipale. Tel est le sens de notre amendement de suppression de l'article 4.

Aucun commentaire n'a encore été formulé sur cette intervention.

Cette législature étant désormais achevée, les commentaires sont désactivés.
Vous pouvez commenter les travaux des nouveaux députés sur le NosDéputés.fr de la législature en cours.