Nous avons une grande divergence sur l'intérêt de cette monnaie unique. En supprimant le risque de change et les coûts de conversion, elle représente une force économique pour les pays de la zone. Contrairement à ce que vous avez dit, les capitaux et les marchandises y circulent librement et le cadre juridique y est harmonisé, ce qui crée un climat favorable aux affaires. La monnaie unique est un gage de stabilité et de sécurité pour les investissements des acteurs économiques de ces pays et de pays étrangers – la sécurité juridique et monétaire est toujours un déterminant important de l'investissement dans un pays. La croissance économique – contrairement, là aussi, à ce que vous avez dit – est très élevée depuis dix ans dans cette zone qui est sûrement l'une de celles, sinon celle, qui connaît la croissance la plus soutenue dans le monde. Nous sommes convaincus que la monnaie unique joue un rôle important dans cette trajectoire.
Vous dites que l'Union européenne et la France continuent d'entretenir des liens privilégiés avec ces pays-là : c'est vrai et tant mieux que ce soit le cas. Nous n'allons pas nous plaindre de développer des partenariats et des échanges économiques entre les pays de l'UEMOA et ceux de l'Union européenne.
Enfin, le Président de la République a pris à bras-le-corps la question de la gestion de la dette des pays africains. Il réunira, en mai 2021, une conférence sur le financement des économies africaines pour voir, avec les pays africains et leurs créanciers, comment gérer la dette de la meilleure façon possible dans les années à venir afin d'assurer aux pays concernés un maximum de résilience.