Intervention de Olivier Véran

Séance en hémicycle du mercredi 24 mars 2021 à 15h00
Suivi de la crise sanitaire

Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé :

… cette autorisation demandée tardivement, je le répète, n'a pas encore été accordée. Je tiens en outre à souligner que les Russes, à l'heure où je vous parle, ont vacciné 4 % de leur population, contre 11 % en France : je ne suis donc pas sûr que les doses de ce vaccin afflueraient vers notre territoire, même s'il y était déjà autorisé. Enfin, pourquoi pas ?

Concernant les infirmiers, je souhaite comme vous qu'ils puissent prescrire le vaccin AstraZeneca, afin de l'administrer à domicile aux personnes âgées isolées. La haute autorité de santé me l'a refusé une première fois. Je l'ai de nouveau saisie ; elle doit donner sa réponse dans les tout prochains jours. Pour avoir adopté ces dispositions dans un cadre législatif, vous savez que la HAS est une autorité indépendante. En tant que ministre, en tant que médecin, je voudrais que les infirmiers reçoivent ce droit de prescription : vous voyez que ma réponse va loin. Or je dois attendre l'avis des experts. Depuis un an que je gère cette crise, j'évite de revêtir leur costume ; j'essaie de les écouter lorsqu'ils sont raisonnés et raisonnables, parfois de les motiver, de les inciter à faire preuve d'ouverture d'esprit, mais en aucun cas de les contraindre. Jusqu'à présent, il semblerait plutôt que nous avons bien fait de nous en tenir à cette attitude.

Enfin, c'est à la vaccination par tranche d'âge que nous devons une mortalité bien plus faible que prévu, puisque nous avons donné la priorité aux personnes les plus âgées : sans cela, il y aurait chaque jour deux ou trois fois plus de décès qu'il ne s'en produit réellement. Peut-être aurions-nous même dépassé le seuil des 100 000 morts. On continue de protéger en priorité les plus fragiles ; il sera temps d'élargir la vaccination ensuite.

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