Projet de loi de finances pour 2019 — Texte n° 1255

Amendement N° 1059C (Rejeté)

Publié le 31 octobre 2018 par : M. Ruffin, Mme Autain, M. Bernalicis, M. Coquerel, M. Corbière, Mme Fiat, M. Lachaud, M. Larive, M. Mélenchon, Mme Obono, Mme Panot, M. Prud'homme, M. Quatennens, M. Ratenon, Mme Ressiguier, Mme Rubin, Mme Taurine.

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Modifier ainsi les autorisations d'engagement et les crédits de paiement :

(en euros)
Programmes+-
Accès et retour à l'emploi00
Accompagnement des mutations économiques et développement de l'emploi00
Amélioration de la qualité de l'emploi et des relations du travail00
Conception, gestion et évaluation des politiques de l'emploi et du travail010 000 000
Soutien aux métiers de la dépendance(ligne nouvelle)10 000 0000
TOTAUX10 000 00010 000 000
SOLDE0

Exposé sommaire :

« J’ai cinq personnes à voir, ce matin. Ma journée commence à 8 h, et elle se termine le soir à 20 h 30. Avec plein de coupures au milieu. » Brigitte, on croirait le lapin dans Alice au pays des merveilles, « pas le temps, pas le temps, pas le temps », et comme un tic elle tapote sur son poignet, à l’endroit de sa montre imaginaire.

Le périple démarre à Corbie, par madame Choquet, une petite mamie fragile, de 93 ans. Après un « Bonjour », Brigitte se mue en tornade : volets ouverts, draps aérés, seau nocturne vidé. Dans la salle de bain, elle se pose un peu pour la toilette, et durant ces gestes intimes, elles échangent quelques paroles intimes, des nouvelles des neveux, des petits-enfants. Avant que la course ne reprenne : un brin de vaisselle, coup de torchon sur la table, contrôler le frigo pour les repas.

« Les journées sont longues, me confie la grand-mère. Brigitte, c’est ma seule visite, je ne vois qu’elle. Mon fils essaie de venir le week-end, c’est déjà beau. » Mais « pas le temps, pas le temps », et au revoir madame Choquet.

On reprend le volant.

« Je cours après les heures. Je n’ai la garantie de rien, alors je prends tous les contrats. C’est sept jours sur sept, sans repos, du matin au soir, juste pour arriver au Smic quoi. En plus, ce sont les familles qui me paient directement, et ça fait des galères pas possibles. Quand il y a un décès, ou une hospitalisation, non seulement je perds un contrat, mais en plus je risque de ne pas toucher mon dernier mois. Il n’y a aucune majoration des dimanches, des jours fériés, on ne tient pas compte de l’ancienneté, ni des frais kilométriques, on ne paie pas les trajets entre les personnes âgées. »

On compte environ 200 000 auxiliaires de vie sociale en France, à 92 % des femmes, qui gagnent en moyenne 800 € par mois pour des amplitudes horaires très amples. Pôle emploi, dans son enquête 2018 prévoit en particulier le recrutement de 65 618 personnes du métier « Aides à domicile et aides ménagères », avec une difficulté à recruter estimée à 76,8 %. Mal rémunérées, ces travailleuses sont aussi, bien souvent, méprisées par leur manager, par les conseils départementaux, comme si leur dévouement ne comptait pour rien, ne constituait pas la première des richesses : humaine. Comme si, pour rendre la vie vivable, la tendresse comptait moins que la téléphonie, la publicité, la finance.

Les auxiliaires de vie sociale méritent mieux que des morceaux de contrats auprès de différents employeurs, il est temps de structurer, progressivement, cet emploi.

Nous proposons d’abord que l’État budgète la création de 200 000 postes mis à disposition des organismes qui suivent les personnes dépendantes, soit 4,5 milliards d’euros. A termes, ces emplois s’inscriront dans un un service public national de la dépendance.

La réalisation de cet amendement d’appel passe par le transfert de 10 000 000 d’euros de l’action 09 du programme 155 vers un nouveau programme intitulé « Soutien aux métiers de la dépendance ».

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