Les amendements de Clémentine Autain pour ce dossier

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Mes chers collègues, le droit à l'avortement est une conquête. Aujourd'hui, nous avons encore salué dans notre hémicycle Simone Veil qui, en 1974, a affronté ici même les arguments les plus réactionnaires et misogynes qui soient, ainsi même que des propos antisémites. Elle a cependant réussi à trouver une majorité pour libéraliser le droit à l'...

et mobilisées : l'association La Maternité Heureuse ; le Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception – MLAC – ; le manifeste des 343 ; Gisèle Halimi, avocate de la défense lors du procès de Bobigny ; les 252 médecins qui avaient signé un manifeste indiquant qu'ils avaient pratiqué un avortement. Cette loi n'aurait pas été ...

qui ont permis cette avancée considérable. La loi n'aurait pas non plus été adoptée et promulguée en 1975 si les bancs de la gauche, qui n'était pas au pouvoir, n'avaient pas voté cette loi.

C'est parce que la gauche a apporté ses voix qu'une majorité s'est dégagée dans l'hémicycle permettant l'adoption de la loi.

Effectivement, Giscard ne disposait pas d'une majorité, c'est pourquoi, sans les voix de la gauche, qui ne faisait pas partie de la majorité, jamais la loi dite Veil n'aurait été adoptée. Merci de ne pas réviser l'histoire, c'est un fait. Le droit à l'avortement est un combat du XXe siècle, mais un combat qui n'est pas ter...

Aucune femme n'avorte par plaisir. Je n'ai jamais rencontré de femmes enceintes contentes d'avorter, me disant que si elles pouvaient recommencer le mois prochain, elles le feraient. Ce n'est évidemment jamais un plaisir. Il ne faut pas infantiliser les femmes, ainsi que vous le faites depuis tout à l'heure.

Vous les infantilisez en leur expliquant qu'il est nécessaire de leur imposer quarante-huit heures de réflexion, comme si elles n'étaient pas assez grandes pour décider de ce qu'elles veulent faire de leur propre corps.

Vous voulez sans cesse rabougrir le droit et infantiliser les femmes ; nous voulons étendre les droits conquis pour elles et rendre effectif le droit inscrit dans la loi. Tel est l'enjeu féministe du XXIe siècle. Je regrette que cette loi ait été dépecée de son article 2…

…relatif à la suppression de la clause de conscience spécifique. Cette suppression opérée en catimini est inouïe et absolument ignoble.

le plus important c'est de se rendre compte que la proposition de loi sera probablement adoptée, mais que, n'étant pas présentée par le Gouvernement…

Je me réjouis tout d'abord que nous ayons siégé dans cet hémicycle, pour un temps d'ailleurs bien plus long que ce qui avait été prévu, afin de débattre de cette proposition de loi de façon correcte, en conscience. Je remarque à quel point le débat a évolué, car, dans ce même hémicycle, en 1975, quand Simone Veil était à la tribune, le débat pu...

c'est parce que des mouvements féministes osaient penser ce qui était impensable et qui est devenu un progrès commun, au point que j'ai entendu de nombreuses personnes, à droite, dire aujourd'hui : « Nous ne remettons pas en cause le droit à l'avortement. » Cependant, quand on vous écoute bien, chers collègues de droite, le grand nombre de « m...

Je n'ai pas dit que c'était le cas de tous mais d'un certain nombre, sur les bancs les plus à droite. C'est pourquoi j'appelle toutes celles et tous ceux qui sont attachés à l'émancipation des femmes à un devoir de vigilance collective. Nous sommes aujourd'hui, et c'est heureux, majoritaires dans le pays à défendre cette émancipation.

Nous avons été une dizaine, au sein du groupe La France insoumise, à voter la première mouture de la proposition présentée par Albane Gaillot, dont je salue le travail.

Elle était plus complète, et nous en votons donc aujourd'hui une plus ramassée. Elle propose un certain nombre de consolidations et de progrès, notamment l'allongement du délai légal de l'IVG de douze à quatorze semaines de grossesse, ce qui n'est pas seulement un progrès sociétal mais un progrès social, parce que cela signifie que des femmes q...

Elle n'existe que pour l'avortement ; il s'agit donc simplement de faire entrer l'avortement dans une forme de droit commun qui permettra aux femmes de ne pas se retrouver face à des médecins refusant d'accepter le libre arbitre de celles qui décident de ne pas garder un enfant dans leur ventre.

Voilà la vérité, chers collègues. Je suis également très heureuse que nous ayons un débat où chacune et chacun va voter en conscience et n'a pas cédé, par exemple, à l'injonction venant du sommet de l'État de ne pas avoir ce débat. Nous avons eu ce débat et c'est la liberté du Parlement de décider de son ordre du jour, de décider, s'il le veut...

C'est donc aussi une belle leçon de démocratie. Le débat existe dans la société. Avec la vague #MeToo, la conscience des nouvelles générations sur l'émancipation des femmes est devenue colossale. Voter cette loi, c'est y faire écho, même si elle n'est pas suffisante et qu'il faut consolider plus encore le droit des femmes. C'est être en résona...