Les affres de nos débats sont telles qu'il arrive que des amendements tombent, parfois pour un simple verbe mal choisi. J'avais déposé l'amendement no 813 qui indiquait : « Compléter l'alinéa 1 » ; si j'avais écrit : « Après l'alinéa 1 », il aurait été examiné !
Il avait pourtant son importance, comme les plus de cinq mille amendements déposés sur ce texte, et avait le mérite d'être très clair, madame la ministre. Il prévoyait qu'au moins 50 % des produits présentés dans les espaces de vente en vrac soient issus de l'agriculture biologique, de circuits courts, du commerce équitable ou soient des produits éthiques.
Pourquoi cette précision ? Nous savons très bien ce qui va se passer, nous l'observons déjà d'ailleurs : des entreprises de l'agro-industrie, puissantes, mondiales, se réunissent au sein d'un groupe partagé pour acheter ensemble du mobilier de distribution de vrac – puisque cela ne se distribue pas aussi simplement que des produits emballés – et le risque est qu'elles confisquent le facing – l'espace de présentation des denrées – au profit de leurs seuls produits issus des industries de l'agroalimentaire.
Les petits acteurs locaux, le commerce équitable, l'agriculture biologique seront de facto éjectés de ces espaces de vrac puisque le mobilier aura été financé par l'agro-industrie auprès de la grande distribution, en contrepartie de la garantie d'occuper toute la place, au détriment des producteurs locaux. M. le rapporteur général a la chance, par exemple, d'avoir dans sa circonscription un très bon torréfacteur, qui expose ses produits en hypermarché mais ne le pourra plus dans le vrac puisque les grandes industries du café, qui auront payé le mobilier, prendront toute la place.