Intervention de Bruno Joncour

Réunion du mercredi 25 novembre 2020 à 15h00
Commission des affaires étrangères

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaBruno Joncour :

Tant d'échéances importantes s'imposent à la France et au monde dans les semaines et mois à venir que le calendrier que vous venez de présenter, monsieur le ministre, peut paraître insurmontable ; cela nous contraint à trouver collectivement les moyens d'une action forte, concertée et volontaire de la part de l'ensemble des parties prenantes. On a trop tôt annoncé la mort du multilatéralisme dans le règlement des différends du monde, sans voir que les replis, à l'instar de ceux du Royaume-Uni et des États-Unis, pouvaient n'être que des épiphénomènes traduisant un changement d'époque : le temps de la géopolitique des États semble laisser la place à celui d'une géopolitique des sociétés civiles. Il reste que, dans l'intervalle, certains États semblent s'affranchir de leurs engagements internationaux pour n'user que de la force brute. Face à eux, les États démocratiques doivent composer avec de multiples facteurs. La situation sanitaire internationale, le terrorisme, les conflits gelés, l'urgence climatique… : rien de tout cela ne peut trouver de solution acceptable sans la promotion d'un nouveau mode de concertation multilatérale qui englobe non seulement des considérations politiques, mais aussi des aspects économiques, sociaux et sécuritaires.

Des signes encourageants apparaissent : la construction progressive d'une voix européenne ; le prochain changement d'administration aux États-Unis ; l'échec des populismes à répondre aux attentes. Dans ce contexte, les outils du multilatéralisme international doivent probablement être repensés – tel est le sens de l'action menée par la France depuis plusieurs années sous votre impulsion, monsieur le ministre. Il importe aussi de multiplier les initiatives visant à mettre en relation les sociétés civiles, qui, au-delà des États, sont des acteurs importants. Le sommet des deux rives me semble de ce point de vue exemplaire, et porteur d'espoir pour l'avenir.

L'environnement international nous oblige à repenser durablement notre approche géopolitique et laisse entrevoir de nouvelles perspectives à une collaboration autour de nouveaux modes d'action, qui ne seraient plus uniquement de l'ordre de la confrontation des puissances. Quels pourraient en être, selon vous, les marqueurs ? Comment la France pourrait-elle s'y prendre pour favoriser son émergence ?

D'autre part, les négociations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne suscitent beaucoup d'inquiétudes, notamment au sein du monde de la pêche. J'aurais souhaité savoir si, à l'approche de leur clôture, on avait enregistré des avancées – mais vous avez déjà abordé cette question, monsieur le ministre.

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