Intervention de la directrice centrale du SSA

Réunion du mercredi 22 avril 2020 à 11h00
Commission de la défense nationale et des forces armées

la directrice centrale du SSA :

Madame la députée Sereine Mauborgne, je vous transmettrai, si vous le souhaitez, une fiche détaillée sur la manière dont nous accompagnons psychologiquement les équipes de l'EMR-SSA.

Le chef d'état-major vous répondra mieux que moi sur les aspects géopolitiques de l'opération Barkhane. Ce que je peux vous dire, c'est que nous aidons les Maliens à développer un ROLE 2 à Gao : pour qu'ils puissent mener leur propre action antiterroriste, il faut qu'ils aient un service de santé efficace.

Nous travaillons en étroite collaboration avec tous les instituts Pasteur, y compris celui de Dakar, qui a souvent été dirigé par d'anciens médecins militaires.

Nous prenons toutes les précautions pour que le retour des élèves dans les écoles d'officiers se déroule dans de parfaites conditions, dans le respect des gestes barrières et avec des chambrées desserrées.

La pharmacie centrale des armées fabrique du gel hydroalcoolique. Elle avait déjà produit un antiviral au moment de l'épidémie de grippe H1N1. Dès lors que nous disposons des matières premières, nous pouvons produire des médicaments, mais nos lignes de production ne sont pas extensibles, ce qui implique de faire des choix.

La molécule que prenaient nos soldats en prévention du paludisme était non pas l'hydroxychloroquine, mais le sulfate de chloroquine, dont les effets secondaires sont moins importants. Les bons résultats obtenus par un médicament in vitro ne sont pas toujours une garantie de succès in vivo : il faut faire preuve de prudence et attendre le résultat des essais cliniques.

Le SSA a dû s'adapter à la réduction des effectifs. C'est une opportunité pour améliorer l'organisation, mais il y a des limites. Il est donc important d'atteindre les effectifs autorisés par la LPM, grâce aux recrutements que j'ai évoqués.

Nous travaillons très étroitement avec la santé publique, et le partage se fait dans les deux sens. Nous transposons aux armées les leçons tirées afin de les appliquer autant que possible à nos militaires, et il faudra ensuite partager l'ensemble des enseignements de la crise, comme nous l'avons fait à la suite des attentats de 2015. Nous devrons probablement attendre quelques mois pour réaliser ce retour d'expérience, et je ne suis pas sûre que notre service de santé d'après sera le même qu'avant la crise – de même, la France d'après sera peut-être un peu différente.

Des militaires participent aux cellules de crise interministérielles pour leur apporter leur savoir-faire en matière de logistique. En ce qui concerne les moyens de transport de malades, nous restons en alerte afin de réaliser de nouvelles missions MORPHÉE et MÉROPE en cas de besoin.

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