Intervention de Jean-Jacques Ferrara

Réunion du mercredi 15 juillet 2020 à 9h30
Commission de la défense nationale et des forces armées

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaJean-Jacques Ferrara, rapporteur :

En opérations extérieures, il est désormais rare qu'une action de combat soit entreprise sans l'appui d'un hélicoptère, qu'il s'agisse d'un appui-feu, d'un appui renseignement, d'un appui logistique ou d'un appui sanitaire en vue d'une évacuation, ou d'une récupération de personnels.

Depuis 2017, l'engagement des hélicoptères de l'ALAT est essentiellement concentré sur le théâtre sahélien.

Les hélicoptères de l'armée de l'air ont été engagés au Sahel depuis le lancement de l'opération Serval en 2013, des Puma ayant notamment effectué des évacuations médicalisées, des missions logistiques, d'appui-feu, de reconnaissance, d'aérotransport ou encore d'aérolargage au profit des forces engagées dans le Nord-Mali.

Aujourd'hui, la participation des hélicoptères de l'armée de l'air aux OPEX est essentiellement le fait de l'escadron 1/67 Pyrénées de Cazaux, déployé depuis l'automne 2017, au profit des forces spéciales.

Au-delà des OPEX, les hélicoptères participent à l'ensemble des opérations conduites à l'étranger, qu'il s'agisse des missions maritimes de la marine ou des opérations multilatérales.

En 2020, les Caïman de la flotille 31F ont ainsi été engagés dans le golfe d'Oman depuis la frégate multi-missions (FREMM) Langedoc dans le cadre de l'opération Agénor, ainsi que dans le Golfe de Guinée depuis le porte-hélicoptères Tonnerre dans le cadre de l'opération Corymbe.

Enfin, des hélicoptères de l'ALAT et de l'armée de l'air sont également pré-positionnés, notamment à Djibouti, où sont stationnés un détachement de l'ALAT, composé de quatre Puma et deux Gazelle, ainsi que deux Puma de l'armée de l'air.

L'évolution du contexte opérationnel et stratégique comme les leçons retirées de nos engagements récents, ou en cours, soulignent l'exigence de disposer d'une composante héliportée robuste et performante, offrant notamment de nouvelles capacités de protection, de rayon d'action et de vitesse.

Premièrement, sur les théâtres d'opérations, il ne fait guère de doute que l'emploi des hélicoptères, complémentaire de celui des avions de chasse et de transport tactiques, permet une bascule d'effort rapide, à même de déséquilibrer le rapport de force et de surprendre, voire de sidérer l'adversaire. D'autant plus que les théâtres d'intervention sont toujours plus vastes et les affrontements plus durs.

Deuxièmement, le renforcement constant des stratégies de déni d'accès des espaces maritimes, aériens et terrestres, s'accompagne d'une évolution des missions vers le haut du spectre. Celle-ci rend indispensable le rehaussement des capacités de la flotte, notamment en matière d'auto-protection et d'intégration dans les réseaux de liaisons de données tactiques.

Troisièmement, l'affaiblissement de la supériorité aérienne qui en découle conforte la nécessité de disposer, sur le théâtre d'opérations, d'une capacité d'évacuation au combat, actuellement mis en œuvre par l'armée de l'air (RESCo) et l'ALAT (IMEX).

Quatrièmement, la défense du territoire national revêt une importance accrue du fait de la diversification des menaces et de leur renforcement, en raison notamment de la démocratisation de l'usage des drones, de la persistance de la menace terroriste et du retour des États-puissances.

Dans ce contexte, il est plus que nécessaire de s'assurer de la cohérence du parc et de son adaptation à nos ambitions. D'autant que la faible disponibilité des appareils constitue une difficulté persistante.

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