Intervention de André Chassaigne

Réunion du jeudi 16 juillet 2020 à 9h30
Commission de la défense nationale et des forces armées

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaAndré Chassaigne :

Mon général, j'ai beaucoup apprécié votre intervention, que j'ai trouvée très intéressante, en particulier lorsque vous avez évoqué le déclin du multilatéralisme, la politique du fait accompli, le délitement généralisé et le nécessaire développement d'une culture stratégique européenne – c'est un point très important que nous devons tous garder en tête. Comme l'écrit Edgard Morin dans Changeons de voie : « Nous sommes aujourd'hui confrontés à de nouvelles perspectives, de grandes incertitudes et un avenir imprévisible, ce à quoi l'humanité actuelle, qui vit à flux tendu, ne s'est pas préparée. »

Au mois de mai, j'ai lu, dans les colonnes de La Tribune, quelques-uns des articles du groupe de réflexion Mars, qui évoquait notamment le dogme du principe d'efficience, « cette belle théorie dont la mise en œuvre se révèle, dans la violence de ses conséquences, incapable de faire face à un événement inattendu, même quand les experts en prédisent la survenue probable ». Or ce principe d'efficience a été largement appliqué entre 2007 et 2012, notamment dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP) et de la modernisation de l'action publique (MAP).

Vous-même, vous avez indiqué, lors d'une audition au Sénat : « Les précédentes LPM et la révision générale des politiques publiques ont conduit à privilégier le management sur le commandement, l'efficience sur l'efficacité, la logique de flux sur celle de stock. Elles ont affaibli et bridé notre réactivité en allant à l'encontre de la singularité militaire. » Et vous ajoutiez : « Aujourd'hui, ces faiblesses se trouvent cruellement mises en évidence par la crise. Je pense à l'externalisation d'un certain nombre de fonctions, à la délocalisation de fonctions vitales, au manque de réserve opérationnelle et d'épaisseur organique de nos armées. »

Lors d'une précédente audition, nous avons longuement évoqué le service de santé des armées. Que proposez-vous concrètement pour revenir au modèle d'armée complet évoquée par notre présidente, notamment en matière d'internalisation, et pour en finir avec le sacro-saint principe d'efficience ?

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