Je voudrais également témoigner de l'importance des aumôniers sur les théâtres d'opérations. Mes souvenirs personnels me ramènent vers des aumôniers qui étaient les aumôniers de tous, quel que soit le lien entre leur religion et celle de leur interlocuteur, et même des non-croyants. Les aumôniers jouent un rôle très particulier sur les théâtres d'opérations où ils apportent un « plus ». Ils s'intègrent à la vie d'un camp et leur présence offre non seulement un intérêt psychologique, mais également un intérêt opérationnel dans la bonne condition du soldat.
Peut-il arriver, parfois, que vous ayez une relation avec l'adversaire tactique, par exemple en cas de capture de l'adversaire ? Pouvez-vous, sur des théâtres d'opérations, avoir des relations avec d'autres autorités religieuses et peut-être ainsi collaborer au rapprochement des points de vue des uns et des autres de sorte à diminuer l'intensité d'un conflit ?
Dans quelle mesure nos soldats peuvent-ils faire abstraction des règles de leur religion dans des conditions tactiques ? Par exemple, les rations individuelles de combat réchauffables (RICR) sont halal. Le respect de ces rites constitue-t-il une condition fondamentale dans vos religions ou bien acceptez-vous que la contrainte opérationnelle puisse conduire un croyant à s'affranchir des rites qu'il pratique par ailleurs ?