Intervention de Sabine Thillaye

Réunion du mardi 3 novembre 2020 à 17h30
Commission de la défense nationale et des forces armées

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaSabine Thillaye, co-rapporteure :

Madame la présidente, chère Françoise, chers collègues, je vous remercie d'avoir accepté d'entamer ce travail commun pour l'année à venir. Il est important de bien prendre la mesure du champ de compétences de l'Union européenne, de déterminer là où l'on peut faire plus, et en informant mieux. La commission des affaires européennes a parfois un peu de mal à se positionner au sein de notre assemblée ; je suis d'autant plus heureuse, et ses membres avec moi, de me livrer à cet exercice avec vous. J'espère que nous pourrons faire de même sur d'autres sujets, avec d'autres commissions permanentes, et je me réjouis que nous présentions cette proposition de résolution à deux voix. Les récents événements démontrent que l'on ne peut plus ignorer l'échelon européen ; il faut impérativement tenir compte de ce qui se passe à ce niveau.

Quelques chiffres pour commencer : l'industrie européenne de défense réalise un chiffre d'affaires annuel d'environ 100 milliards d'euros et représente environ 1,4 million d'emplois directs et indirects. Si une petite dizaine de très grandes entreprises, notamment Airbus, Thales, MBDA, Rheinmetall, Leonardo et Naval Group, concentrent l'attention, elles ne sont que la partie visible d'un écosystème constitué de plusieurs dizaines de milliers de sous-traitants, souvent des PME très spécialisées, réparties sur l'ensemble du territoire européen. Ces grandes entreprises – prime contractors – et leurs sous-traitants constituent un segment essentiel de la base industrielle et technologique de défense européenne (BITD). Quant à l'industrie spatiale européenne, qui recoupe en partie l'industrie de défense, par exemple au sein d'entreprises emblématiques comme Airbus, elle est de plus petite taille : elle représente un chiffre d'affaires d'environ 8,5 milliards d'euros par an, pour environ 50 000 emplois directs.

Par-delà les chiffres d'affaires et le nombre d'emplois, si élevés soient-ils, il faut rappeler le caractère stratégique de l'industrie de défense et de l'industrie spatiale, qui ne sont pas des industries comme les autres. C'est parce qu'elle en dispose, par l'intermédiaire de ses États membres, et en particulier la France, que l'Union européenne peut poursuivre l'objectif d'autonomie stratégique qu'elle s'est fixé.

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