Divers événements intervenus ces dernières années plaident en faveur d'une nouvelle autonomie stratégique européenne. Je pense à la présidence Trump, au désengagement américain en Afghanistan et aux menaces croissantes d'États jaloux de leur puissance, comme la Russie en Ukraine et dans le Caucase ou la Turquie en Méditerranée orientale.
L'élaboration de la Boussole stratégique marque un progrès sensible de l'Union européenne en matière de défense. Cependant, si, dans sa préface, le haut représentant de l'Union européenne, M. Borrell, met en garde contre le rétrécissement stratégique de l'Union européenne, il n'emploie jamais l'expression « autonomie stratégique européenne ». Sans doute souhaite-t-il ainsi ménager la susceptibilité de ceux des États membres qui n'approuvent pas ce concept.
La première version de la Boussole stratégique a déjà fait l'objet de certaines critiques. On lui reproche notamment son manque de crédibilité : les capacités proposées, notamment la force de 5 000 hommes, ne seraient pas à la hauteur des menaces identifiées. On déplore également l'absence de clarification des relations entre l'Europe, l'OTAN et les États-Unis ainsi que la faiblesse de l'analyse de l'engagement dans la zone indo-pacifique.
Au sein de l'état-major de l'Union européenne, comment vos homologues européens appréhendent-ils la question de l'autonomie stratégique européenne ? Quels sont, selon vous, les sujets qui devraient être abordés en priorité dans le cadre de l'élaboration de la Boussole stratégique ?