Intervention de Arnaud Montebourg

Réunion du jeudi 25 novembre 2021 à 11h00
Commission d'enquête chargée d'identifier les facteurs qui ont conduit à la chute de la part de l'industrie dans le pib de la france et de définir les moyens à mettre en œuvre pour relocaliser l'industrie et notamment celle du médicament

Arnaud Montebourg, entrepreneur, ancien député, ancien ministre de l'Économie, du redressement productif et du numérique :

Mon sujet n'est pas l'autarcie, mais notre déficit commercial de 85 milliards d'euros. Nous devons remonter l'industrie de 5 points de PIB dans la richesse nationale pour repasser devant le Royaume-Uni et l'Espagne. Cela représente 75 milliards de chiffre d'affaires à relocaliser. Ceci correspond à peu près au déséquilibre de notre balance commerciale et aux 60 produits critiques. Il s'agit d'entreprises que nous aurions pu conserver. Depuis la crise, nous n'avons jamais défendu nos outils industriels. Il ne s'agit pas de reprendre des parts de marché sans être compétitif, mais d'atteindre le prix mondial. Aujourd'hui, le processus productif pose la question du coût de la main-d'œuvre puisque la robotique occupe une plus grande place. Le prix de l'énergie sera également central. Nous devons conserver le nucléaire. Ces trois éléments de compétitivité nous permettront de reprendre des positions et la production de certains produits au prix mondial.

Il n'existe pas de secteurs d'avenir et de secteurs du passé. Je n'aborderai pas la question autrement qu'au travers de celle de la micro-économie du produit. J'ai évoqué l'exemple du dérailleur, car il s'agit d'une commodité à laquelle personne ne s'intéresse. Pourtant, cette production nécessite du contenu technique, de la recherche et du développement. Si nous pouvons le fabriquer en France au prix mondial pourquoi ne pas le faire ? Ma proposition est pratique. Selon moi le plan de relance n'est pas orienté de cette manière. Il est construit en fonction des demandes des entreprises existantes. Certaines ont de bonnes idées, d'autres avaient besoin d'être soutenues. Toutefois, il n'existe pas de vision stratégique dans les entreprises existantes. L'État et les industriels doivent concevoir des entreprises. Nous devons utiliser la commande publique. Il s'agit pour moi d'un travail lourd.

Lorsque vous positionnez le débat en parlant de produits du passé, vous vous trompez. Il ne s'agit pas de tout produire puisque nous exportons. L'enjeu est de rééquilibrer les termes de notre échange avec le reste du monde.

Les études réalisées par Accenture fournissent des indices de potentialité de relocalisation.

Vous me demandez mon avis ; je vous le donne.

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