Intervention de Sandrine Mörch

Réunion du jeudi 8 octobre 2020 à 9h00
Commission d'enquête pour mesurer et prévenir les effets de la crise du covid-19 sur les enfants et la jeunesse

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaSandrine Mörch, présidente :

. Nous nous retrouvons ce jour afin de poursuivre les auditions de notre commission d'enquête sur la situation des enfants et jeunes en difficulté ou en danger, ou qui l'ont été pendant la crise sanitaire. Quand les parents vivent une situation difficile, voire très difficile, quand le frigo se vide, quand la cantine et l'école ne sont plus là en tant que territoires protégés de l'enfant, ce dernier est parfois très affecté psychologiquement et physiquement, et le risque de violences intrafamiliales s'accroît.

Afin de tirer un bilan de cette période opaque que fut le confinement, période pendant laquelle beaucoup d'enfants n'ont pas pu s'exprimer, nous allons entendre les associations et les fondations qui interviennent en faveur de la protection des enfants maltraités, puis nous recevrons le Groupement d'intérêt public enfance en danger (GIPED) et enfin, la police et la gendarmerie nationale, souvent les témoins les plus avertis de ce qu'il se passe dans le huis clos des familles.

Je vous présente donc Mme Isabelle Debré, présidente de l'Enfant bleu – Enfance maltraitée, Mme Martine Brousse, présidente de la Voix de l'enfant et M. Vincent Dennery, directeur de la Fondation pour l'enfance.

Il nous a semblé extrêmement important d'entendre la voix des enfants et des adolescents à travers vos témoignages, car ils sont les grands absents de cette commission d'enquête. Vous allez nous permettre de comprendre très concrètement ce qu'ils ont vécu, en bien ou en mal. C'est l'occasion de revenir sur les circonstances exceptionnelles de ce confinement qui nous a très fortement inquiétés, puisque nous n'avions plus accès à ces enfants et qu'eux n'avaient plus accès à nous comme d'ordinaire. Cette crise est loin d'être finie, ses conséquences se font sentir dans la durée, avec le basculement de familles dans la pauvreté et la persistance de tensions familiales liées au vertige économique, aux incertitudes de l'emploi. De nouvelles catégories d'enfants sont en outre touchées parce que brutalement, tout s'est écroulé pour leurs pères, leurs mères : comment vivent-ils cette crise, mais aussi quels sont les impacts des mesures sanitaires qui affectent notre vie quotidienne ?

Comme le rappelle le document de la Fondation pour l'enfance, les différents facteurs de risque de la violence familiale, le stress économique, l'isolement, la santé mentale des parents, le handicap ou le jeune âge de l'enfant ont connu des tensions accrues pendant le confinement. Cette crise sanitaire nous amène à provoquer des solutions, elle nécessite de l'innovation de notre part à tous. Elle nous incite à nous interroger sur les moyens de dépistage et de prévention des violences intrafamiliales, c'est pourquoi nous sommes désireux d'entendre vos constats et propositions. Il est fondamental de rester constructif et de donner confiance, plutôt que de plonger un peu plus dans le désespoir.

Avant de vous passer la parole à chacun, je vous rappelle que l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958, relative au fonctionnement des assemblées parlementaires, impose aux personnes auditionnées par une commission d'enquête de prêter serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité.

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