Intervention de Camille Jonchères

Réunion du jeudi 11 mars 2021 à 11h00
Commission d'enquête relative à la mainmise sur la ressource en eau par les intérêts privés et ses conséquences

Camille Jonchères, membre du collectif Sécheresses :

Le collectif Sécheresses est né de la rencontre de citoyens, aux intérêts et aux compétences divers, dans une ferme bourguignonne. Après une semaine d'échanges, il est apparu que les sécheresses étaient un sujet de préoccupation pour tous, d'autant qu'à l'époque, en période de chaleurs estivales, des villages avaient dû être approvisionnés en eau par des camions-citernes. Nous avons donc décidé d'agir.

Nous avons d'abord cherché à comprendre le sujet. En effet, la raison d'être du collectif est avant tout de se poser des questions et de considérer qu'il est possible de réfléchir sur ce sujet, sans en être des spécialistes. Nous ne nous positionnons pas en tant qu'experts, mais nous estimons avoir, en tant que citoyens, la légitimité de travailler sur ces questions et de nous les approprier.

Comment est-il possible de s'approprier de telles données, très techniques et scientifiques ? En réalité, nous n'avons pas trouvé de support susceptible de nous aider à monter en compétences et de nous accompagner dans ce cheminement. Nous avons donc décidé de le créer nous-mêmes, en nous appuyant sur les aptitudes des membres du collectif (big data, médiation, design, etc.). Nous avons ainsi croisé deux bases de données, à savoir celle des climatologues et météorologues, appelée le projet Drias (Donner accès aux scénarios climatiques régionalisés français pour l'impact et l'adaptation de nos sociétés et environnement) de Météo-France, et celle des hydrogéologues, la base de données des limites des systèmes aquifères (BDLISA), pour aboutir à une carte fournissant des informations faciles d'accès.

Nous ne nous positionnons pas du tout comme des fournisseurs de solutions. Nous essayons plutôt de poser les bonnes questions, et de donner à tous les moyens de bien comprendre le débat et d'interpeller les élus.

Nous sommes déjà mal adaptés en termes d'accès à l'eau, mais le changement climatique risque d'aggraver la situation. Il ne faudra plus réfléchir sur la base des usages de l'eau, mais sur l'eau à l'échelle d'un milieu ou d'un territoire.

Nous développons actuellement un projet sur les jardins et sur les essences d'arbres à privilégier en fonction de la disponibilité de la ressource et des conditions climatiques.

Le collectif s'est doté d'une charte, mais nous n'avons adopté aucun mot d'ordre. Nos actions ne sont pas véritablement structurées.

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