Intervention de Julien Le Guet

Réunion du jeudi 11 mars 2021 à 11h00
Commission d'enquête relative à la mainmise sur la ressource en eau par les intérêts privés et ses conséquences

Julien Le Guet, membre du collectif Bassines non merci :

Dans le cadre du projet de bassines, les exploitants sont supposés s'engager à mettre en place des pratiques vertueuses en termes d'agroécologie. Ainsi, pour bénéficier de l'eau, les exploitants peuvent s'engager en faveur de l'agriculture de conservation des sols. Alors que le principe vertueux de conservation des sols consiste à laisser de la végétation, pour éviter l'érosion en hiver et apporter de la matière organique, la pratique de conservation des sols généralisée en France est de se débarrasser du couvert végétal à l'aide de glyphosate. Ainsi, depuis trois ans, le phénomène des « champs orange » se développe sur notre territoire, alors que le glyphosate ne devrait plus être utilisé. Comment une mesure de conservation des sols conduisant à l'usage systématique de pesticides peut-elle être considérée comme un engagement agroécologique ?

Le maïs peut non seulement être utilisé pour l'alimentation des animaux, l'alimentation humaine et l'ensilage, mais aussi pour approvisionner les méthaniseurs. Depuis l'année dernière, nous observons que du maïs est cultivé à partir du mois de juillet, après une culture d'orge ou de blé, à grand renfort d'irrigation, uniquement pour produire de la matière organique destinée au digesteur Demeter de Mauzé-sur-le-Mignon. Or la matière organique qui rejoindra le digesteur ne contribuera pas à nourrir les sols, alors même que la ressource en eau a été très sollicitée pour la produire. Il s'agit d'un cercle vicieux. Le Mignon coule littéralement à l'envers à partir du 1er juillet, quand la campagne d'irrigation commence aux alentours, alors que les territoires sont déjà équipés de bassines.

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