Intervention de Julien Le Guet

Réunion du jeudi 11 mars 2021 à 11h00
Commission d'enquête relative à la mainmise sur la ressource en eau par les intérêts privés et ses conséquences

Julien Le Guet, membre du collectif Bassines non merci :

En ce qui concerne le maïs, il convient de connaître l'usage qui sera fait de cette plante avant d'envisager des alternatives. De nos jours, le système laitier repose essentiellement sur l'alimentation en ensilage. En matière d'alimentation animale, l'alternative pourrait être de bannir le maïs des fonds de vallée et de remettre en place l'indemnité compensatrice de handicap naturel (ICHN), de façon à maintenir l'élevage et les prairies de fauche. Le sorgho peut également représenter une alternative intéressante, dans la mesure où il requiert beaucoup moins d'intrants et consomme moins d'eau.

L'eau est un bien commun, sur un territoire commun. Il convient donc de déterminer à quoi sert l'agriculture. La communauté d'agglomération niortaise fait actuellement l'objet d'un projet alimentaire de territoire (PAT), né du constat que les habitants de l'agglomération se nourrissent des productions du territoire à hauteur de 2 %, alors même que le potentiel d'auto-alimentation du territoire est estimé à 90 % par les agronomes. Si l'eau sert à remplir les objectifs du PAT, l'alternative au maïs est toute trouvée. Ainsi, il sera possible de nourrir le territoire, tout en nourrissant les paysans.

Le maïs s'est installé sur notre territoire grâce à la politique agricole commune (PAC), encouragée par le ministère de l'Agriculture et la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA). Dans les années 1980, un éleveur touchait entre 500 et 1 200 francs l'hectare, quand un producteur de maïs touchait 3 500 francs l'hectare, voire 4 200 francs l'hectare s'il avait réalisé des investissements en faveur de l'irrigation. Les fermes se sont ainsi engouffrées dans une voie sans issue. Pour sortir de ce système, il est important que l'État reconnaisse sa responsabilité et mobilise des moyens, pour permettre aux agriculteurs, notamment aux éleveurs laitiers qui pratiquent l'élevage intensif en stabulation, d'entrer dans une démarche de transition écologique.

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