Intervention de Meyer Habib

Réunion du mercredi 8 décembre 2021 à 17h30
Commission d'enquête chargée de rechercher d'éventuels dysfonctionnements de la justice et de la police dans l'affaire dite sarah halimi et de formuler des propositions pour éviter le cas échéant leur renouvellement

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaMeyer Habib, président :

Permettez-moi, en tant que président de cette commission, de ne pas être d'accord avec vous ni avec Mme la rapporteure. Vous aviez les clefs. Il suffisait d'entrer. Il était en train de faire ses prières. Tout se serait arrêté. C'est ce que je pense au fond de moi-même. Personne ne peut me convaincre que tout s'est bien passé dans le meilleur des mondes, lorsqu'en présence de six policiers, une femme se fait massacrer pendant douze minutes à poings nus. Je le dis en audition publique, nous avons un vrai problème avec nos interventions. Une femme a été massacrée parce qu'elle était juive. Elle a hurlé pendant un long moment avant de ne plus en être capable en raison des coups qui lui étaient portés. C'est ce que nous a notamment expliqué la dame qui a appelé à 4 heures 37. Elle nous raconte ce drame et la non-intervention de la police, d'après elle. Il est donc évident qu'il était possible de faire mieux que ce que vous avez fait. Vous avez le droit de penser le contraire. J'essaie de rester logique, et je ne peux m'empêcher d'avoir des regrets, en raison, justement, de la rapidité avec laquelle la police est arrivée. Le QG est au courant. Les témoins appellent et disent ce qu'ils voient, minute par minute. Vous êtes arrivés si vite sur les lieux, que la situation est difficile à comprendre. Vous pensez, à titre personnel, que cela n'aurait rien changé et que la victime était morte. Dans le dossier, ce n'est pas aussi évident que vous avez pu l'imaginer. Elle était peut-être en état de mort clinique. On ne peut pas avoir un sentiment en regardant un corps pour dire que la personne est morte ou non.

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