Je ne crois malheureusement pas que la situation soit meilleure ailleurs. Les données sur les flux migratoires ont longtemps été inexistantes, car elles concernaient des groupes trop minoritaires. Je me suis battu à l'INSEE pour que l'on utilise des variables qui permettent d'appréhender le phénomène des migrations. Nous ne savions rien de la seconde génération jusqu'en 2004 ou 2005. À partir de 2003 seulement, l'INSEE, sous la pression, entre autres, d'une directive européenne, a accepté d'introduire dans son enquête « emploi » la question du pays de naissance, de la nationalité première et de celle des parents. Ces simples questions d'état-civil ont permis d'étudier les probabilités d'accès de la seconde génération d'immigrés, nés en France, à l'emploi, au crédit, au logement et à l'éducation. La publication des premières grandes études de l'INSEE sur les discriminations date de 2005 ou 2007.
En tant que président du conseil d'orientation du Musée national de l'histoire de l'immigration, je prends part aux réflexions en vue de la refonte de l'exposition permanente. Nous la souhaitons chronologique et mêlant, jusqu'à une période récente, données actualisées et cas personnels, et surtout exemples de réussite. Nous voulons donner de l'immigration une vision qui ne soit pas seulement geignarde, mais qui montre la capacité de plusieurs générations successives à s'intégrer malgré les difficultés.