Pour l'accueil en milieu rural, je crois beaucoup en un État qui pilote. La gestion de toutes les crises récentes a montré que l'on peut avoir une vraie ambition interministérielle, mais qu'elle n'est pas toujours déclinée au niveau local. Nous y parviendrons davantage avec un traitement du premier accueil des migrants par les services préfectoraux, et une clé de répartition des migrants sur le territoire. Il existe des dizaines d'opérateurs en France qui ont la capacité de faire de l'ingénierie sociale. Vous parlez du bâti : nous pouvons utiliser du patrimoine intercalaire pour transformer très rapidement des locaux en structures dignes d'hébergement.
Nous tournons en rond sur le sujet de l'opposition des précarités. C'est la construction de logements très sociaux qu'il faut mettre en œuvre. Je me permets de vous renvoyer ici aux propositions de la fondation Abbé Pierre, cousins du mouvement Emmaüs, qui explique chaque année les mesures à prendre pour construire plus de logements sociaux, et mettre fin aux expulsions. L'intégration de toute personne à la rue doit devenir une grande cause nationale.
Surtout, appliquons le droit. Quel que soit le public, le droit stipule que toute personne à la rue doit être prise en charge. Je répète que tant qu'une personne n'a pas été reconduite à la frontière, elle a droit à un toit. Pour respecter le droit, l'État doit construire des logements très sociaux et accélérer la politique du logement d'abord. L'intermédiation locative mais aussi les pensions de famille, sont des dispositifs qui fonctionnent très bien. En territoire rural par exemple, ces pensions forment de petites unités de 25 logements.