Je remercie monsieur le directeur pour sa franchise. La pertinence d'une comparaison entre la lutte contre le trafic de drogue dans l'hexagone et le combat contre l'orpaillage illégal en Guyane a déjà été mise en question. Les personnes qui gravitent autour du trafic de drogue sont plus ou moins consentantes, même si certains consommateurs ne le deviennent qu'une fois devenus dépendants. En revanche, la pollution des eaux fait partie des externalités négatives de l'orpaillage illégal. Les victimes d'empoisonnement subissent les conséquences d'une activité à laquelle elles n'ont pris aucune part.
J'estime qu'en ces temps de changements climatiques, le gouvernement aurait dû se démarquer en hissant la lutte contre l'orpaillage illégal dans l'Amazonie française au rang de priorité nationale pour les quatre ou cinq années à venir et organiser une sorte de Grenelle de l'orpaillage, afin de se doter des moyens de rompre définitivement avec ce fléau.
La France, en tant que sixième puissance mondiale, doit exiger le respect de sa souveraineté. Je me demande quel autre pays laisserait des étrangers commettre des exactions sur son territoire sans leur opposer une réaction ferme et forte.
J'en garde le sentiment d'une Guyane oubliée du territoire national. Bien sûr, mes reproches ne s'adressent pas à vous, monsieur le directeur. Je tiens toutefois à ce que nos collègues saisissent le caractère insupportable et inacceptable de la situation. Il faudra bien, un jour, nous fournir les moyens en personnel et en matériel de vaincre les orpailleurs qui, eux aussi, s'adaptent en permanence à la lutte.