Intervention de Charlotte Caubel

Réunion du mardi 9 novembre 2021 à 17h15
Commission d'enquête sur les dysfonctionnements et manquements de la politique pénitentiaire française

Charlotte Caubel, directrice de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) :

Le choix a été fait de s'appuyer sur les établissements médicaux existants et de ne pas internaliser entièrement la fonction santé. Un partenariat existe donc entre la DAP et l'ensemble des établissements médicaux. La prise en charge de la santé physique ou mentale représente une priorité, et souvent une nécessité. En effet, la plupart des mineurs arrivant en milieu carcéral présentent un état de santé physique qui mérite d'être évalué. Ils présentent de plus en plus souvent des problèmes de dents, de dos, de douleurs, et bien sûr certains d'entre eux souffrent de problèmes d'addiction, psychiques, voire psychiatriques. Nous rencontrons les mêmes difficultés que la DAP, et faisons parfois face à des déserts médicaux selon l'emplacement des établissements. Nous sommes par ailleurs confrontés à la question de la pédopsychiatrie, spécialité encore plus en difficulté que la psychiatrie.

Nous avons également besoin de l'accord de l'autorité parentale pour un certain nombre d'actes médicaux. Ce problème est encore différent dans le cas des MNA, pour lesquels nous devons susciter une décision de justice, ce qui peut aussi ralentir la prise en charge alors que les détentions sont assez courtes. La DAP est organisée au mieux compte tenu de la situation du réseau médical, et les difficultés que nous rencontrons sont liées à notre système de santé. Les mineurs incarcérés ont plus facilement accès aux soins que les mineurs placés dans nos établissements, car nous travaillons dans le cadre de partenariats locaux beaucoup plus artisanaux. L'administration pénitentiaire bénéficie d'une relation plus établie avec les ARS – agences régionales de santé – et le système de soin.

Concrètement, le mineur reçoit toujours la visite d'un médecin en plus de l'éducateur et du surveillant pénitentiaire dans les premières heures de son incarcération. Nous sommes particulièrement vigilants au choc carcéral. Nous accueillons parfois des mineurs non-profilés PJJ, incarcérés par exemple dans le cadre d'une rixe, d'un passage à l'acte brutal et ponctuel les surprenant eux-mêmes. La prévention du suicide et l'accompagnement à l'incarcération sont très importants. Les unités médicales sont globalement très attentives aux mineurs incarcérés.

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