Intervention de Olivier Perot

Réunion du jeudi 16 mai 2019 à 11h00
Commission d'enquête sur l'impact économique, industriel et environnemental des énergies renouvelables, sur la transparence des financements et sur l'acceptabilité sociale des politiques de transition énergétique

Olivier Perot :

Je tiens tout d'abord à souligner que nous ne sommes pas nécessairement les bons interlocuteurs pour ce sujet, dans la mesure où nous ne sommes pas experts du mix énergétique français. Cette question concerne plutôt l'administration et le gouvernement.

Cela étant, nous pouvons néanmoins apporter quelques éléments de réponse. Je comprends de la problématique du nucléaire que l'on se situe dans un cycle industriel non maîtrisé, avec un certain nombre d'inconnues en matière de démantèlement, de recyclage ultime des déchets. En termes de coût, le coût du nucléaire amorti est, d'après la Cour des comptes, d'environ 60 euros. Les coûts vont croissant dans le domaine du nucléaire. Je pense que cela fait consensus. Des entreprises du secteur en difficulté ont été recapitalisées dans les années passées, alors qu'à l'inverse, les énergies renouvelables, du fait des investissements effectués, répondent à une problématique d'avenir. En effet, les EnR sont des énergies propres, sûres, renouvelables : elles présentent une vertu intrinsèque. Elles ne produisent aucun effet sur le climat, ni déchet dangereux. S'ajoutent à cela des courbes de prix décroissantes. Je pense que cela constitue d'ailleurs l'un des éléments importants dans la décision stratégique et politique du gouvernement.

Aujourd'hui, comme vous le savez, 75 % à 80 % de l'électricité en France est d'origine nucléaire. Je crois qu'il est toujours préférable de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, notamment en raison des inconnues que je viens d'évoquer. Si par ailleurs un accident nucléaire majeur venait à se produire dans le monde dans les cinq, dix, quinze ou vingt ans à venir, ce que l'on ne peut pas exclure, cela provoquerait inévitablement un changement très fort de l'opinion en France, avec des coûts induits très importants. Je pense par conséquent que le bon sens plaide stratégiquement en faveur d'une diversification du risque énergétique.

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