Vous évoquez des dépenses nouvelles, avec des redéploiements et des annulations de crédits, mais qu'entendez-vous par : « Chaque euro supplémentaire de recettes ira au financement du déficit » ?
L'inflation n'est pas aussi conjoncturelle que vous la présentez – cela peut donner lieu à des débats d'experts. Depuis longtemps, nous en cherchons un peu : elle figure d'ailleurs dans les objectifs des banques centrales. Vous estimez son niveau à 1,5 % cette année et l'année prochaine. Selon le Haut Conseil des finances publiques, il sera probablement supérieur. L'inflation est l'expression de tensions – salariales, géopolitiques, sur l'offre, avec des chaînes de production et d'approvisionnement très sollicitées, des ressources financières largement disponibles du fait des politiques des banques centrales, et des coûts de transition élevés et durables. Nécessaire à une économie saine, elle peut être une bonne chose, si elle n'est pas trop importante. Pensez-vous réellement que les risques d'inflation sont temporaires ?
Pierre Moscovici, président du Haut Conseil des finances publiques, nous a expliqué ce matin que la baisse du ratio de dettes est essentiellement le fruit de l'augmentation de la croissance – c'est une bonne chose –, mais aussi d'opérations de trésorerie. Il indiquait que d'autres pays ont fait le choix de réduire leur dette de façon plus structurelle. Ne pourrait-on pas accélérer la réduction de la dette, qui se situe à un niveau très élevé, après la crise sanitaire ?
Pour des raisons pratiques, apparemment, vous avez décidé de reconvertir la mission Investissements d'avenir en une mission France 2030.