Intervention de Naïma Moutchou

Réunion du mardi 13 octobre 2020 à 17h30
Commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la république

Photo issue du site de l'Assemblée nationale ou de WikipediaNaïma Moutchou :

Que la présidence de la République vous propose, madame, pour succéder à Mme Adeline Hazan donnait matière à réflexion : qu'une journaliste du Canard Enchaîné aux prises de position assez tranchées devienne Contrôleur général des lieux de privation de liberté, cela peut surprendre. À mon avis, ce n'est pas un choix disruptif mais un choix cohérent et une grande chance pour la fonction. Vous connaissez les sujets de la justice, vous avez été éducatrice pendant dix ans, vous avez été confrontée à l'univers carcéral ; votre expérience diffère de celle de vos prédécesseurs, mais elle compte. Vous avez beaucoup écrit sur la justice judiciaire, vous êtes allée à la rencontre des avocats, des magistrats, des directeurs d'administrations, les avez écoutés ; vous connaissez le fonctionnement des institutions, ce qui est essentiel dans l'exercice des futures missions qui vous seront éventuellement confiées. Je ne doute ni de votre compétence, ni de votre envie, ni de votre ambition pour le contrôle général.

Au nombre des sujets d'intérêt majeur, je citerai la détention provisoire, en raison de l'urgence due à la censure du Conseil constitutionnel ; la détention en soi ; l'état des prisons Outre-mer. J'ai été marquée par un voyage pendant lequel j'accompagnais la présidente de notre commission et au cours duquel nous nous sommes rendues à la prison de Nouméa ; il vous faudra, madame, aller voir ce qui s'y passe, tout comme à Mayotte et ailleurs. Nos concitoyens ultramarins aussi ont besoin que la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté s'intéresse aux conditions de détention dans les prisons de leurs territoires. Il y a beaucoup à faire ici, mais il y a aussi beaucoup à faire là-bas.

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