Monsieur Blanquer, pendant deux mois, vous nous avez offert un spectacle ahurissant, fait d'ordres et de contre-ordres. Votre ministère est celui du contre-pied et de la contradiction permanente. Je vous épargnerai le florilège de propos tenus et démentis presque aussitôt.
On en oublierait presque que vous êtes le premier ministre à avoir supprimé des emplois, ce qui explique peut-être que 95 % des écoles et 73 % des établissements scolaires ne comptent pas de personnels infirmiers présents de manière régulière.
Le fil rouge de votre gestion est la ségrégation sociale. Dans les milieux populaires, le pourcentage de décrocheurs dépasse largement 5 %. Vous n'avez pas lutté contre le décrochage : ce sont les enseignants qui ont effectué un travail de titan pour récupérer les enfants en difficulté. Vous n'avez rien fait non plus pour permettre aux familles modestes de doter leurs enfants de masques. Selon le magazine 60 millions de consommateurs, cela représente un coût de 100 euros par mois pour une famille. Mais l'État a abdiqué, laissant chacun face à ses responsabilités et ses possibilités.
Demain, la commission d'enquête – car enquête il y aura – procédera à un audit de votre gestion.
Pourquoi le Gouvernement a-t-il pris le problème à l'envers ? À l'instar de M. Pancher, je considère qu'il fallait partir du principe suivant : nous n'ouvrons les écoles que si nous sommes sûrs. Alors, monsieur le ministre, êtes-vous sûr que demain, il n'y aura pas de problèmes, alors que le Conseil scientifique préconisait une autre solution ? Êtes-vous sûr qu'aucun enfant, aucun enseignant, aucun fonctionnaire territorial ne sera victime des choix que vous avez faits ?