Intervention de Bertrand Gaume

Réunion du jeudi 14 mai 2020 à 10h00
Mission d'information sur l'impact, la gestion et les conséquences dans toutes ses dimensions de l'épidémie de coronavirus-covid 19 en france

Bertrand Gaume, préfet de Vaucluse :

M. Michel Lalande a évoqué la mise en œuvre d'une culture de la planification et du long terme. Le grand enjeu révélé par cette crise, mais aussi par d'autres crises antérieures – je pense au terrorisme, contre lequel le département du Vaucluse a continué à se mobiliser avec la réunion hebdomadaire des instances spécialisées comme le GED –, c'est la nécessité d'irriguer au sein de la population française une culture de la sécurité, telle que l'avait évoquée le ministre de l'intérieur de l'époque à l'issue des attentats de 2015. C'est de mon point de vue un enjeu absolument essentiel. En matière de vigilance météorologique par exemple – les fameuses alertes jaune, orange et rouge –, on ne compte plus les fois où l'on a été accusé de réagir avec excès, selon ce que j'appelle le syndrome « Pierre et le loup » qui veut qu'à force de crier au loup, on finisse par ne plus y croire. N'y aurait-il pas une problématique de ce type en matière sanitaire ? Nous devrons nous poser la question, car l'élaboration de plans d'urgence sanitaire avait été anticipée depuis longtemps ; les fameux stades épidémiques sont d'ailleurs directement issus de travaux interministériels effectués il y a quelques années autour des problématiques de pandémie grippale.

Il est important que nous parvenions à diffuser cette culture de la sécurité dans l'ensemble de la société ; il n'y a qu'à se souvenir des terrasses de café bondées, juste avant que ne soit prise la mesure de confinement, pour s'en rendre compte. Comment y arriver ? Je n'ai pas la réponse mais je pense que pour y arriver, il faut de la territorialisation ; la force de l'État territorial, c'est son réseau. Odilon Barrot disait au début de la IIIe République : « c'est le même marteau qui frappe, mais on en a raccourci le manche ». Avec leurs styles différents et leur adaptation variable aux territoires, tous les services territoriaux de l'État – préfets, sous-préfets – ont la même capacité à travailler avec les élus et acteurs locaux. La force de l'État pendant cette crise a ainsi été le binôme maire-préfet. La commune a joué un rôle absolument essentiel dans la gestion du dernier kilomètre, pour reprendre le terme employé par mon collègue Michel Lalande ; dans l'accompagnement des personnes isolées, le rôle à venir des CCAS sera déterminant.

Au sujet de Santé publique France, il pourrait être intéressant de disposer de retours territorialisés sur l'évolution des modèles épidémiologiques développés au niveau national. Si les ARS faisaient remonter les données, de tels retours d'information pourraient permettre de piloter la crise au plus près et d'anticiper les coûts.

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